« Tout signer à mon nom ? Pourquoi tu l’as crue ? Elle te trompe ! » – Ma lutte pour ma maison, ma fille et ma dignité après la trahison de mon mari

« Tout signer à mon nom ? Pourquoi tu l’as crue ? Elle te trompe ! » La voix de Guillaume résonne encore dans la cuisine, tranchante comme un couteau. Je serre la poignée du tiroir, mes doigts tremblent. Ma fille, Camille, est assise dans le salon, ses écouteurs vissés sur les oreilles, inconsciente du chaos qui s’abat sur notre famille. Je retiens mes larmes, mais à l’intérieur, tout s’effondre.

Ce soir-là, j’ai découvert la vérité. Un message sur son téléphone, une photo floue d’eux deux devant ce restaurant du centre-ville. J’ai senti mon cœur se briser en mille morceaux. Guillaume, mon mari depuis quinze ans, l’homme avec qui j’ai bâti cette maison à Nantes, me mentait. Pire encore : il m’accusait d’être naïve, de croire les « ragots » de sa maîtresse, Sophie. « Tu veux tout mettre à ton nom ? Tu veux me voler la maison ? » Il criait si fort que les voisins ont dû entendre.

Je n’ai pas dormi cette nuit-là. J’ai regardé Camille dormir, ses cheveux blonds éparpillés sur l’oreiller. Comment lui expliquer que son père ne reviendrait pas ? Comment lui dire que notre vie allait changer à jamais ?

Le lendemain matin, j’ai appelé ma sœur, Claire. Elle a toujours été mon roc. « Viens chez moi quelques jours », m’a-t-elle dit. Mais je ne voulais pas fuir. Cette maison, c’était la mienne aussi. Je n’allais pas laisser Guillaume me la prendre sous prétexte qu’il avait trouvé mieux ailleurs.

Les semaines suivantes ont été un enfer. Guillaume a commencé à manipuler tout le monde : sa mère, nos amis communs… Il racontait que j’étais hystérique, que je voulais tout garder pour moi. Un soir, sa mère, Madame Lefèvre, m’a appelée : « Ma pauvre fille, tu devrais penser à Camille avant de tout détruire… » J’ai raccroché en pleurant.

Au travail aussi, tout s’est compliqué. Je suis professeure de français au collège du quartier. Les parents d’élèves chuchotaient dans les couloirs. Une collègue m’a prise à part : « On dit que tu passes tes nerfs sur les enfants… Tu veux en parler ? » J’ai eu honte. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même.

Guillaume venait chercher Camille un week-end sur deux. À chaque fois, il lui offrait des cadeaux hors de prix : un nouveau téléphone, des baskets de marque… Il voulait acheter son amour. Camille s’éloignait de moi. Un soir, elle a claqué la porte de sa chambre : « Papa dit que tu veux qu’on parte d’ici ! Que tu veux qu’il n’ait plus rien ! » J’ai senti la colère monter en moi : « Ce n’est pas vrai ! Je veux juste qu’on soit en sécurité ! » Mais elle ne m’écoutait déjà plus.

J’ai contacté un avocat, Maître Dubois. Il m’a expliqué que la maison était en indivision, que je devais prouver ma contribution pour espérer la garder. Guillaume refusait toute discussion : « Tu veux la guerre ? Tu l’auras ! » Il a vidé notre compte commun sans prévenir. J’ai dû emprunter de l’argent à Claire pour payer les factures.

Un soir d’hiver, alors que je rentrais du travail sous la pluie battante, j’ai trouvé la serrure changée. Guillaume avait profité d’un week-end où j’étais chez Claire pour agir. J’ai appelé la police en sanglotant. Ils m’ont dit que c’était une affaire civile. J’ai dormi dans ma voiture cette nuit-là.

Le lendemain matin, Camille m’a appelée en cachette : « Maman, je veux rentrer… Papa est bizarre avec Sophie… Je ne veux pas rester ici… » Mon cœur s’est serré. J’ai compris que je n’étais pas seule à souffrir.

J’ai décidé de me battre. Pour moi, pour Camille. J’ai rassemblé tous les papiers prouvant mes investissements dans la maison : factures de travaux, virements bancaires… J’ai écrit une lettre à Guillaume : « Je ne te laisserai pas tout détruire. Je veux juste que Camille ait un foyer stable. Arrête cette guerre inutile. »

Le procès a duré des mois. Guillaume a menti devant le juge, a pleuré pour attendrir le tribunal. Mais Maître Dubois a été brillant : il a prouvé que j’avais financé la moitié des travaux et que Camille avait besoin de stabilité.

Le jour du jugement, j’étais assise sur le banc du tribunal, les mains moites. Camille serrait ma main si fort que j’en avais mal aux doigts. Le juge a tranché : la maison resterait notre domicile principal jusqu’à sa majorité ; Guillaume devrait me verser une pension alimentaire.

Quand nous sommes rentrées chez nous ce soir-là, Camille m’a regardée avec des yeux pleins d’admiration : « Tu es forte, maman… Je t’aime. » J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps.

Aujourd’hui encore, je me demande comment j’ai tenu bon face à tant d’humiliation et de douleur. Est-ce qu’une femme doit tout perdre pour enfin se retrouver elle-même ? Et vous, jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour protéger ceux que vous aimez ?