Quand ma belle-mère a voulu détruire ma vie – Mon combat pour la justice et la paix
« Tu ne mérites rien, pas même ce toit ! » La voix de Monique, ma belle-mère, résonne encore dans ma tête comme un coup de tonnerre. C’était un matin de janvier, froid et gris, dans notre ancien appartement à Lyon. Je venais de signer les papiers du divorce avec Julien, son fils, pensant naïvement que le pire était derrière moi. Mais je me trompais.
Je me souviens de son regard dur, de ses mains crispées sur son sac à main en cuir usé. « Tu crois que tu vas t’en sortir comme ça ? Tu me dois la moitié de tout. » J’ai cru à une mauvaise blague. Mais Monique était sérieuse. Elle voulait la moitié de l’argent de la vente de l’appartement que Julien et moi avions acheté ensemble. Elle prétendait avoir prêté de l’argent pour l’achat, ce qui était faux. Mais elle avait des papiers, des relevés bancaires, des témoignages douteux. Et moi ? J’étais seule, sans famille à Lyon, sans ressources, avec juste mon travail d’infirmière à l’hôpital Édouard-Herriot.
Julien, lui, s’était volatilisé. Il ne répondait plus à mes messages. Sa mère avait pris le contrôle de la situation, comme elle l’avait toujours fait dans notre couple. Je me revois encore, assise sur le canapé, les mains tremblantes, relisant la lettre d’huissier qu’elle m’avait fait parvenir : « Madame Lefèvre, vous êtes sommée de comparaître devant le tribunal civil… »
Les semaines suivantes furent un cauchemar. Monique appelait mes collègues à l’hôpital pour leur raconter que j’étais une voleuse. Elle a même contacté ma propre mère en Bretagne pour lui dire que j’avais ruiné son fils. Ma mère a pleuré au téléphone : « Pourquoi elle te fait ça, Camille ? » Je n’avais pas de réponse.
Le jour du procès, je suis arrivée au tribunal avec mon avocate commise d’office, Maître Dubois. Monique était là, impeccable dans son tailleur gris perle, entourée de deux témoins : sa sœur et un vieil ami de la famille. Ils ont menti sans sourciller : « Oui, Monique a prêté 30 000 euros à Julien et Camille pour l’appartement… » Je me suis sentie trahie par tout le monde.
Dans la salle d’audience, j’ai croisé le regard de Julien. Il n’a pas détourné les yeux. Il avait l’air fatigué, vieilli. J’ai voulu lui parler après l’audience, mais il est parti sans un mot. J’ai compris que je ne pouvais compter que sur moi-même.
Les mois ont passé. Les factures s’accumulaient. Je travaillais en double à l’hôpital pour payer mon avocate et les frais du procès. Parfois je rentrais si tard que je m’endormais habillée sur le lit. Je n’avais plus goût à rien. Mes amis me disaient : « Lâche l’affaire, ça ne vaut pas le coup… » Mais je ne pouvais pas abandonner. Ce n’était pas seulement une question d’argent ; c’était une question de dignité.
Un soir d’avril, alors que je rentrais chez moi sous la pluie battante, j’ai croisé Monique devant mon immeuble. Elle m’attendait. « Tu vas perdre », m’a-t-elle lancé froidement. « Tu n’es rien sans nous. » J’ai senti la colère monter en moi comme jamais auparavant. « Vous ne me détruirez pas », ai-je répondu en la regardant droit dans les yeux.
Le verdict est tombé en juin : le juge a reconnu qu’il n’y avait pas assez de preuves pour accorder à Monique ce qu’elle réclamait. Mais il a ordonné une expertise financière qui a gelé la moitié de l’argent de la vente pendant des mois supplémentaires. Je n’étais ni gagnante ni perdante ; j’étais suspendue dans un vide juridique et émotionnel.
C’est là que j’ai touché le fond. J’ai pensé à tout arrêter : mon travail, mes démarches… J’ai même envisagé de quitter Lyon pour retourner en Bretagne. Mais une nuit, alors que je regardais par la fenêtre les lumières de la ville, j’ai compris que je ne pouvais pas fuir éternellement. J’ai décidé d’affronter Monique une dernière fois.
Je lui ai écrit une lettre. Pas une lettre d’insultes ou de reproches, mais une lettre où je lui racontais ma souffrance, mes peurs, et tout ce que cette histoire m’avait coûté. Je lui ai demandé pourquoi elle avait tant besoin de me voir à terre. Je n’ai jamais eu de réponse.
Petit à petit, j’ai reconstruit ma vie. J’ai trouvé un petit appartement dans le quartier de la Croix-Rousse. J’ai repris goût à mon travail auprès des patients âgés qui me racontaient leurs propres histoires de famille compliquées. J’ai rencontré des collègues formidables qui m’ont tendu la main quand je n’y croyais plus.
Aujourd’hui encore, il m’arrive de croiser Monique au marché ou dans la rue. Elle détourne les yeux. Julien a refait sa vie avec une autre femme ; il m’a écrit un message d’excuses que je n’ai jamais eu le courage de lire jusqu’au bout.
Je ne sais pas si la justice existe vraiment pour des gens comme moi. Mais je sais que j’ai survécu à cette tempête et que personne ne pourra plus jamais m’enlever ma force.
Est-ce que vous aussi vous avez déjà été trahi par ceux qui étaient censés vous protéger ? Comment fait-on pour pardonner l’impardonnable ?