Le Silence des Cœurs
Ce soir-là, la pluie frappait avec rage contre les vieilles vitres de notre appartement du 14e. J’étais assise, muette, devant mon père—Georges—qui venait de claquer la porte derrière lui, le visage plus fermé qu’à l’accoutumée. Après la mort tragique de ma mère, notre famille n’était plus qu’une fragile esquisse prête à s’effacer, et je me débattais jour et nuit avec la sensation de n’être qu’un fantôme dans ma propre vie.